Pendant vingt ans, j'ai eu un siège
aux premières loges de la banque africaine.
Chez GIM-UEMOA, j'ai vu de l'intérieur comment se construit l'infrastructure de paiement de toute une région — 8 pays, 45 institutions, des milliards de transactions. Une mécanique impressionnante. Puis chez Orange Bank Africa, j'ai vécu la naissance d'une banque digitale en Afrique, avec tout ce que cela exige d'audace, d'adaptation et de renoncement aux vieilles habitudes.
C'est là que le constat s'est imposé à moi, progressivement, avec une clarté qui ne me quittait plus.
Des fintechs légères, rapides, sans agences et sans héritage technologique, captaient chaque année davantage de parts de marché que les banques traditionnelles laissaient filer — sans même s'en rendre compte.
Ce n'était pas un manque d'argent. Ce n'était pas un manque de talent. C'était un manque de conviction : beaucoup de banques continuaient de bien vivre parce que leurs clients n'avaient tout simplement pas le choix d'aller ailleurs. Pas encore. Alors pourquoi se transformer ?
J'ai vu des guichets refuser des clients qui auraient pu être servis en trente secondes via une application mobile. J'ai assisté à des CODIR où le sujet digital était traité en dernier point de l'ordre du jour. J'ai observé des DG découvrir le PI-SPI BCEAO à six mois de l'échéance réglementaire, quand leurs concurrents s'y préparaient depuis deux ans.
Le risque n'est pas théorique. Les leaders mondiaux du digital regardent l'Afrique. Ils regardent nos 400 millions de non-bancarisés, notre démographie, notre adoption fulgurante du mobile. Quand ils viendront vraiment, ils ne demanderont pas la permission.
Ce n'est pas une question de si. C'est une question de quand.
C'est cette conviction qui m'a poussé à créer INNOV SICA. Non pas pour dire aux banques qu'elles font mal leur travail — elles font un travail remarquable dans des environnements complexes. Mais pour leur montrer, concrètement, que le digital n'est pas une dépense. C'est un levier de création de PNB. Que la transformation n'est pas une contrainte réglementaire à subir. C'est une opportunité stratégique à saisir avant que d'autres ne le fassent à votre place.